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Les Piliers d’une Nouvelle Ere

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Marc Torra (Urus)

«Dans beaucoup de cultures, 2012 symbolise une année de régénération. Cela implique un changement vers quelque chose de nouveau, le début d’une nouvelle Ere. L’article suivant analyse les piliers sur lesquels reposait l’Ere qui se termine, et présente ceux sur lesquels va sûrement s’appuyer celle que nous commençons maintenant.»

QUAND EN REVANT, NOUS nous trouvons devant un précipice, nous sommes face à deux options : La première c’est de tomber de la falaise, pour nous réveiller juste avant l’impact, avec la sensation d’avoir fait un cauchemar. La deuxième, c’est de nous rendre compte qu’on est en train de rêver, et de sauter dans le vide pour en ressentir une sensation de plaisir, comme si les anges nos soutenaient de leurs mains, et commencer à prendre son envol.

Les Eres

CHEZ LES ABORIGENES d’Australie on dit que le système solaire, dans son voyage à travers la galaxie, passe par différent chemins de rêves (Dreaming Tracks), en changeant de chemin tous les cinq mille ans. Selon eux, le début d’un nouveau sentier se fait cette année, en 20121.

Les maîtres mayas les appellent soleils, les font durer 5125 ans, et selon leurs calendriers, le cinquième soleil commence aussi en 2012.

Pour les naguals aztèques c’est le sixième soleil, mais son commencement se fait aussi en 20122.

Tout comme les aztèques, les prêtres incas considèrent que nous entrons dans le sixième soleil. Tout comme les aborigènes d’Australie et les mayas, ils les font durer cinq mille ans. Et pour eux tous, l’année de commencement est 2012.3

Coïncidences? Dans l’Univers, les coïncidences n’existent pas, mais tout découle de synchronismes.

Cependant, aucune de ces prophéties ne dit que le monde va s’arrêter ou que la planète va être détruite. Bien au contraire, ceux qui veulent bien les entendre par l’espérance et non par la crainte et l’attachement au passé, verront comment elles nous parlent toutes du début d’une nouvelle période de paix et d’harmonie pour toute l’humanité. D’où l’allégorie du rêve et la prise d’envol dans le plaisir. Mais pour cela, un certain nombre d’entre nous a besoin de comprendre que la ‘réalité’ est fabriquée dans la matière que les rêves et que nous pouvons la changer.

Ainsi, selon les traditions orales de l’Australie aborigène, le chemin de Rêve que nous achevons tout juste nous a servi à nous instruire sur la connaissance de la réalité physique, nous a permis d’apprendre à dominer la matière. Tandis que le chemin que nous commençons à présent va nous permettre de rechercher l’élévation spirituelle, jusqu’à atteindre la pleine réalisation de l’Etre.4

Les incas parlent du Mastay, l’acte de réintégration entre les peuples des quatre horizons avec lequel commencera le temps des retrouvailles avec nous-mêmes (Taripay Pacha). Ils affirment ainsi que nous retrouverons notre nature divine pour laisser le matérialisme derrière nous.5

Nous nous trouvons dans une période de transition, d’un cycle au suivant. Faire face à une telle période demande avant tout de comprendre quels étaient les ‘piliers’ sur lesquels reposait le monde antérieur, l’Ere qui se termine à peine. Sans reconnaître ce qui est prédestiné à se transformer, ce qui change face à ce qui perdure et se consolide, nous n’atteindrons pas le niveau de lucidité nécessaire qui nous permette de voler dans le plaisir. Cette lucidité s’appelle «expansion de la conscience».

Cela ne signifie pas que les piliers de l’Ere qui se termine vont s’effondrer de manière soudaine ou catastrophique, en créant chaos et douleur. Le penser nous amènerait à agir par la peur et non par l’amour. Ils trembleront et vacilleront un peu, car au cours des cinq siècles précédents – mais plus particulièrement durant les cinquante dernières années – ils ont grandi trop vite, et dans la nature, ce qui croît très rapidement devient en même temps faible et instable, mais le monde ne s’en effondrera pas.

Apparition des piliers (il y a cinq mille ans)

QUELS SERAIENT POUR vous les ‘piliers’ sur lesquels repose la civilisation actuelle ? Pensez-y un peu avant de poursuivre votre lecture…

  • Une première piste : il y a trois piliers, trois étant le nombre minimal nécessaire pour soutenir quelque chose, comme les trois pieds d’un trépied ou d’un guéridon.
  • La deuxième piste, elle est en fait dans le titre de ce paragraphe : les trois piliers apparurent (ou réapparurent) il y a maintenant cinq mille ans, pendant la période finale de l’Ere antérieure à celle qui se termine juste maintenant (3500 à 3000 avant J.C.).
  • Une troisième piste, au cas où vous n’auriez pas encore deviné : Les trois piliers se trouvent présents dans l’image d’une pièce de monnaie en train de rouler.

Vous les avez trouvés ?

Le premier pilier, c’est évidemment l’argent. L’expression la plus ancienne de l’argent était ce qu’on appelle le sicle, unité de poids d’orge utilisée dans l’ancienne Mésopotamie, l’actuel Irak, sûrement par les ancêtres du peuple hébreu. Ses origines datent de 3000 avant J.C. L’écrivain australien Morris West écrivit un jour “L’argent est un secret plus grand que Dieu pour quatre-vingt-dix pour cent des gens”. Le livre s’intitule “La Tour de Babel (1968) et incontestablement, depuis son apparition il y a cinq mille ans, l’argent a fini par occuper un rôle prépondérant dans notre société. Il a servi à unir, mais plus encore il a servi à séparer.

Devinez-vous le deuxième pilier ? Repensez à la pièce de monnaie en train de rouler vers vous, en émettant son bruit caractéristique qui se fait plus intense à mesure qu’elle approche. Non, ce n’est pas la musique, qui n’a jamais cessé d’exister. C’est la roue. Les premiers vestiges archéologiques montrant l’usage de la roue proviennent de la Civilisation Sumérienne, elle aussi dans l’ancienne Mésopotamie, et datent de 3500 avant J.C..

Que croyez-vous que soit le troisième pilier ? Observez à nouveau la pièce de monnaie. Sur elle, il y a un visage gravé. De qui est-ce le visage ? Sur elle, il y a une année en chiffres romains. Quelle est cette année ? Et une valeur, sûrement sur l’autre face. Quelle valeur ? A présent, vous avez sûrement déjà compris que le troisième pilier est l’écriture.

On dit que l’écriture est apparue vers 3000 avant J.C., elle aussi dans l’ancienne Mésopotamie. J’ai tendance à penser qu’elle a ‘surgi’ quelques siècles avant, dans la civilisation appelée Harappa, dans l’actuel Pakistan, une culture bien plus ancienne que ce que nous pensons6. Par exemple, une légende indienne antique raconte comment le sage Rishi Viasa s’enfonça dans les hautes montagnes de l’Himalaya, peu après la mort de Krishna (3102 avant J.C.), pour y rédiger les Védas (les livres de l’hindouisme) et écrire le Mahâbhârata, épopée dont fait partie le Bhagavad-Gîta. Viasa savait qu’avec la mort de Krishna, nous entrions dans le Kali Yuga, l’âge obscur du matérialisme, et que la seule façon de préserver le savoir était de l’écrire, car il n’y aurait pas suffisamment de maîtres pour le transmettre oralement. La grotte dans laquelle l’histoire se serait passée est visitée quotidiennement par une procession de milliers de pèlerins. Elle se trouve dans le village de Mana, à trois kilomètres de Badrinath, l’un des quatre sanctuaires du Gange.

Processus d’accélération (il y a 500 ans)

LES TROIS PILIERS ont atteint leurs bornes, il y a maintenant cinq cents ans, ce qui a entraîné progressivement leur processus d’accélération. C’est à l’époque où cela s’est passé que Christophe Colomb a débarqué sur les côtes américaines. A cette même période de temps, on a :

Du côté de l’écriture, Gutenberg qui a inventé la presse (en 1439). Avec elle, a commencé la dite Révolution de l’imprimerie. Soixante ans plus tard, vers 1500, plus de vingt millions de volumes avaient déjà été imprimés. Cent ans plus tard, le nombre approchait les deux cents millions.

Quant à l’argent, en 1494 Lucas Pacioli a publié la première oeuvre à base scientifique sur l’art de la comptabilité. Y sont expliqués en détail les systèmes comptables utilisés par les commerçants vénitiens, parmi lesquels le principe de la partie double est particulièrement souligné. Avec la publication de l’oeuvre (et grâce à l’imprimerie) ces pratiques comptables se sont rapidement étendues au reste du continent, permettant la naissance du système bancaire tel que nous le connaissons actuellement. Et si l’on y rajoute l’or et l’argent américains, nous avons la naissance du système financier international.

Du côté de la roue, vers la fin de ce même XVe siècle7 fut inventée l’horloge. C’était là le premier appareil purement mécanique, créé par le génie humain, qui semblait être doué de vie. Avec l’horloge, une vision cartésienne de la réalité ne tarda pas beaucoup à se développer. C’était une vision basée sur le paradigme mécaniste, selon lequel tout peut être expliqué par l’analyse du fonctionnement d’une machine. Les machines, comme nous le savons très bien, peuvent être démontées pour, une fois acquise la compréhension de leurs différentes parties et de tous leurs engrenages (roues dentées), être comprises dans leur totalité.

La Renaissance en Europe aurait été impensable sans l’imprimerie de Gutenberg, la vision cartésienne de la réalité que nous apporte l’horloge, et l’argent des mécènes. L’Europe semblait commencer un nouveau jour, après la longue nuit médiévale, tandis que l’indigène américain voyait tomber sur lui une longue nuit de cinq cents ans.

Processus d’intégration (ces 50 dernières années)

ENSUITE, VERS LA FIN des années 60, les trois piliers ont commencé à s’agréger, accélérant encore le processus de changement, mais augmentant aussi la complexité et la vulnérabilité du système. De l’union entre roue et écriture est née l’informatique, avec son hardware (roue) et son software (écriture). Peu après, l’argent a fusionné avec l’informatique pour créer l’argent électronique, lequel a commencé à se répandre partout sur les marchés internationaux de la dette, des actions, des devises et des matières premières.

Il symbolise un processus d’intégration qui a son point crucial le 15 août 1971, quand le président des USA Richard Nixon, a annoncé l’abandon du Gold Standard8 (Nixon Shock). Sa raison était que les spéculateurs attaquaient le dollar et qu’il fallait protéger le travailleur américain. Les attaques étaient possibles grâce à l’argent électronique et à l’intégration des marchés. Cependant, ce qui a forcé l’abandon de la parité or, c’était le fait que les USA étaient très loin d’être toujours en possession de la moitié des réserves mondiales d’or, quantité atteinte après la seconde guerre mondiale. Il n’y aurait donc pas eu suffisamment de métal doré pour continuer à soutenir une économie en croissance9, qui consommait plus qu’elle ne produisait.

Au début des années 70, les premiers ordinateurs domestiques firent leur apparition, commençant à mettre l’informatique à la portée de tous, élément de l’écriture. Il y avait peu de temps qu’on avait marché sur la Lune10 (1969), élément de la roue. Et avec la fin de la parité or, l’argent n’allait plus être endossé par le précieux métal doré, mais par un autre actif bancaire : la dette souveraine. C’est ce qui a fait que l’argent ne soit plus équivalent à quelque chose que l’on puisse toucher et regarder, à quelque chose de tangible, mais à un actif immatériel. A partir de là, l’argent allait s’engendrer à partir de sa notation comptable dans le passif de la balance bancaire, en suivant les techniques expliquées par Lucas Pacioli en 1494, tandis que la dette souveraine en est sa contrepartie, l’actif. Mais ces transactions comptables ne se notent plus dans les livres dont Gutenberg a aidé à répandre l’usage, maintenant elles s’enregistrent numériquement, dans des ordinateurs.

Depuis lors, la quantité d’argent s’est accrue exponentiellement ; et il en a été de même pour : la dette (qui avalise cet argent), la production (achetée avec cette dette), la consommation d’énergie (nécessaire pour produire), le prix du pétrole (principale source d’énergie), la capacité de traitement d’une carte à puce (pour récupérer la compétitivité perdue par l’augmentation du prix du pétrole), le volume d’information (comme résultat de l’augmentation de la vitesse de traitement des cartes à puce), le manque de confidentialité (comme conséquence de l’augmentation du nombre d’informations) et un grand etcetera.

Les piliers s’ébranlent (maintenant)

C’EST UN ACCROISSEMENT exponentiel de tout, qui cherche à neutraliser l’augmentation originelle de la quantité d’argent provoquée par l’expansion de la dette (sa contrepartie), et éviter ainsi la hausse du niveau des prix11. C’est ainsi qu’est née la culture de la croissance et du gaspillage nécessaire pour favoriser la croissance. Mais cette expansion de l’argent n’a qu’un aboutissement possible : sa perte de valeur. Tenons en compte que si l’on peut toujours continuer à ajouter des zéros à une balance financière pour augmenter la dette de façon illimitée, la production qui l’appuie, elle, ne peut pas croître indéfiniment.

Tout cela est pour beaucoup dans le fait que nous trouvons que les produits durent moins longtemps, pour ainsi devoir retourner les racheter ; ou que se mercantilisent les relations humaines, pour pouvoir les inclure comme services dans le produit intérieur brut du pays ; ou que l’on considère l’argent comme un bien producteur et pas comme un simple moyen d’échange, pour ainsi pouvoir inventer de nouveaux services financiers ; ou que l’on cherche à accroître la population, pour ainsi créer plus de consommateurs. Ce sont là quatre stratégies qui ont permis la croissance de l’économie depuis le début des années 70. Mais quand tout cela cessera de croître, ou quand on aura émis plus d’argent que l’on ne peut en absorber (2009), l’argent commencera à perdre de sa valeur.12

Du côté de la roue, il se trouve que pour les faire tourner, et ainsi ne pas arrêter l’augmentation constante de la production, on utilise une source d’énergie peu chère mais non renouvelable, appelée combustible fossile. D’abord le charbon, puis le pétrole, et certain disent que le futur sera au gaz. Mais tous les trois finiront inexorablement par s’épuiser, et s’il n’y a pas d’alternative renouvelable, les roues qui tournent vont commencer à s’arrêter. Une simple crise temporaire de l’argent, avec sa perte de valeur, provoquerait aussi une déflation de l’économie, et l’arrêt des roues, non pas par manque de matières premières mais par manque de demande.

Du côté de l’écriture, la majeure partie de l’information s’enregistre maintenant sur des supports électromagnétiques, comme par exemple le disque dur d’un ordinateur personnel ou bien celui d’un serveur situé à des milliers de kilomètres. Cela fait que cette information est très vulnérable à une éventuelle éruption solaire ou à n’importe quel autre phénomène électromagnétique d’ampleur comme la tempête solaire qui a eu lieu en 1859.

Solutions (le futur immédiat)

VOYONS DONC COMMENT les trois piliers, nés il y a maintenant cinq mille ans, dont le processus d’accélération s’est fait il y a cinq cents ans et dont l’intégration a commencé il y a maintenant cinquante ans, sont en train de commencer à s’ébranler. Ce vacillement ne signifie pas qu’ils vont disparaître, mais qu’ils vont se transformer et aussi perdre de leur prépondérance.

Ce phénomène, nous l’observons par exemple pour un des piliers basiques de l’Ere qui précède celle qui se termine à peine. Elle s’étend de 8000 à 3000 avant J.C. dans ce qui vint à s’appeler la révolution néolithique. Le pilier auquel je fais référence est précisément l’agriculture. Le passage entre Eres (3000 avant J.C.) s’est caractérisé par un processus de désertification, qui toucha particulièrement les vallées fertiles du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord. Ce processus finit par obliger de nombreuses tribus nomades d’Afrique du Nord à s’établir aux bords du Nil (2500 avant J.C.), pour y mettre en place un système de vie agraire et beaucoup plus centralisé. En Mésopotamie la sécheresse et l’épuisement du sol furent prétextés par les Sémites pour conquérir le Sumer (2125 avant J.C.). L’agriculture ne disparut pas, mais se transforma, grâce à l’application de techniques qui permirent d’en augmenter la productivité, en même temps qu’elle perdait de l’importance, rendant possible qu’en la nouvelle Ere, le nombre de personnes devant s’y consacrer soit beaucoup plus réduit. Cela a permis que nous nous urbanisions et que nous créions les trois piliers en question.

Dans l’actualité on parle aussi de changement climatique. Indépendamment du débat sur le fait que ce changement soit provoqué par l’être humain ou qu’il tienne plus son origine dans l’augmentation de l’activité solaire, le modèle civilisationnel actuel, lui, est une création purement humaine et les répercussions de son chancellement sont évitables. D’où la préconisation de lui inclure des éléments de modèles sociaux qui ont réussi avec succès à vivre en marge de ces piliers.

Evidemment, le modèle social utilisé par toutes les cultures indigènes de la planète est le premier qui nous vient en tête, car il a su se passer des trois piliers. Certains diront qu’ils ne les découvrirent jamais, qu’ils en restèrent à la révolution néolithique, et d’autres qu’ils continuèrent à vivre de la chasse et de la cueillette. Je pense plutôt qu’ils virent, dans les trois piliers, quelque chose qui finirait par nous aliéner de la nature, provoquant d’importants déséquilibres qu’il est nécessaire d’éviter.

La roue se fait avec les machines que nous faisons travailler pour mieux nous consacrer au loisir. Ce qui a mené à considérer le travail comme quelque chose qui dégrade et pas comme quelque chose qui réalise et complète. Elles ont aussi entraîné le découpage du territoire, avec le bitume, pour que les véhicules puissent rouler dessus avec facilité.

L’argent nous a créé le besoin permanent d’accumuler, jusqu’au plaisir de posséder. Il a aussi fini par nous obliger à travailler pour l’obtenir, plutôt que de le faire par plaisir. Le temps libre gagné avec la roue s’est donc fait avaler par l’argent.

Et l’écriture nous a amenés à interpréter la réalité, non par le résultat de notre expérience personnelle et directe, mais en accord avec ce qui a été/est lu ou avec ce qui est virtualisé par la Technologie, fille du mariage entre le Dieu Marché et la Déesse Science.

Tout cela, je ne le dis pas avec l’ambition de revenir aux communautés autosuffisantes qui ont caractérisé la révolution néolithique, mais plutôt à un hybride entre passé et présent, à un système plus résilient et en tout cas moins dépendant de l’écriture, de la roue et de l’argent.

C’est ainsi que la nature progresse, en évoluant à partir de l’hybride entre passé et présent. C’est observable dans la suite de Fibonacci, où chaque nombre consécutif s’obtient à partir de la somme des deux précédents. Cette série est donc : 0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34…∞. Elle est caractérisée par Phi (ɸ)13, aussi appelé nombre d’or ou proportion divine, car on la retrouve fréquemment dans la nature. C’est pour cela qu’il faut prendre des éléments tant de l’Ere qui se termine (3000 avant J.C. à 2000 après J.C.), que de la précédente (8000 à 3000 avant J.C.), pour ainsi construire le modèle social du futur.

Nous devons retrouver les liens qui nous unissent avec la Terre Mère, car malgré tout ce que l’argent, la roue et l’écriture nous ont donné à manger, aucun des trois n’est comestible, et quand ils arrêteront de remplir leur fonction, nous nous retrouverons dans le besoin alimentaire.

Les exemples que nous offrent les sociétés traditionnelles de la planète s’avèrent tout à fait valables quand il faut apprendre à mettre en place de petites communautés résilientes. De plus, il faut aussi leur rajouter ce qui a été appris dans les cinq milles dernières années. Il faut leur rajouter la capacité d’unir ces communautés en un réseau plus complexe, au-delà de leur simple existence isolée et autarcique.

Par chance, nous disposons de deux modèles, tous les deux du Nouveau Monde, qui sans roue, écriture ni argent, ont réussi à établir ce qui caractérise l’Ere que nous achevons : le regroupement de communautés diverses dans quelque chose de plus grand, et le phénomène civilisationnel. Ils sont parvenus à un hybride semblable à celui que nous demande la nouvelle Ere, pour que, plutôt que de partir de zéro, nous puissions nous inspirer de leur exemple.

Le premier modèle vient d’Amérique du Nord, et concerne la confédération iroquoise. La structure de cette confédération a inspiré quelques uns des pères de la déclaration d’indépendance nord-américaine, comme Benjamin Franklin et Thomas Jefferson. Elle leur a inspiré en particulier l’idée d’établir une Union Fédérale, dans la liberté politique, avec la nécessité d’écouter l’opinion publique en menant le gouvernement, et avec le rôle du gouvernement de garantir le bien-être, le bonheur et la liberté des citoyens14. Les Iroquois occupaient une grande partie de ce qui devint ensuite le Nord-est des Etats-Unis.

Le second modèle vient d’Amérique du Sud, d’une civilisation qui, sans roue, étendit son influence sur plus de quatre mille kilomètres de cordillère montagneuse ; sans écriture, coordonna plus de 16 millions de personnes, contenant plus de 14 cultures différentes ; et que l’absence d’argent n’empêcha pas d’échanger entre elles toutes, et dont le garde-manger fût toujours plein.

Je fais référence à la culture andine et en particulier à la civilisation inca. D’elle, nous pouvons apprendre à nous organiser non seulement comme communauté locale (ayllu), comme groupe humain qui recherche la résilience et le lien profond avec la terre, mais aussi comme communauté plus large, y compris comme communauté planétaire. D’où l’importance d’étudier en détail ses valeurs, sa vision cosmique, ses coutumes, sa façon de s’organiser, et tout ce qui l’a caractérisée. De cette analyse nous pourrons extraire des idées, non pas pour reconstruire exactement la même chose, mais pour l’améliorer.

Les nouveaux piliers (les 5000 prochaines années)

ENFIN, CET ARTICLE ne serait pas complet sans évoquer ce que seront, à mon sens, les «Piliers de la Nouvelle Ere». Et comme je l’ai fait précédemment, je vais vous demander de les deviner, à partir des pistes suivantes :

Selon la loi qui régit les cycles, nous pouvons constater que les piliers d’une nouvelle Ere commencent à germer pendant les 500 dernières années de l’Ere précédente, juste quand les piliers de l’Ere précédente s’accélèrent. C’est ainsi que, pendant la période qui va de 3500 à 3000 avant J.C., époque à laquelle l’agriculture a perdu de sa prépondérance et le changement climatique nous a obligé à changer les modes d’organisation, apparurent (ou réapparurent) la roue, l’argent et l’écriture.

Et comme nous le verrons aussi par la suite, c’est dans la ligne finale des cinquante dernières années, pendant que les piliers de l’Ere qui se termine s’intègrent, que ceux de la nouvelle commencent à pousser.

Ainsi, dans l’année 1522, Magellan et Elcano ont fait le premier tour du monde (documenté). Nous avons donc là la graine du premier pilier qui a germé. Et le 7 décembre 1972, la mission Apollo 17 prit la première photo de la Terre depuis l’espace, image baptisée “Le Marbre Bleu”. Et là, c’est la plante qui pousse. Pouvez-vous en déduire à quel pilier je fais référence ?

15

Oui, c’est Elle

Le tour du monde de Magellan et Elcano (1522) a changé la mentalité de ceux qui croyaient encore à une terre plate comme une assiette, les convainquant finalement qu’elle est sphérique, qu’elle est quelque chose de réel et non une simple scène de théâtre sur laquelle se déroule le drame de la vie.

Ensuite la vision de notre planète depuis l’espace (1972) a fait que ceux qui la voyaient encore comme une masse morte et inerte, ont commencé à la percevoir comme un être vivant, Gaia, la Pachamama (mère espace-temps), donnant ainsi un nouvel élan au mouvement écologiste.

Quel serait donc le premier pilier de la nouvelle Ere ? La conscience planétaire, la conscience que nous vivons sur une planète qui est vivante, qui respire, qui sent, qui aime, qui ressent la douleur, et qui nous aime et nous materne, car elle est notre mère, et la mère de toutes les mères. C’est la conscience que nous faisons partie d’un réseau de relations qui met en communication et crée une interdépendance entre toutes les formes de vie de la planète : minérales, végétales, animales, et humaines. La conscience que notre responsabilité est de sauvegarder ce réseau, plutôt que de continuer à le détruire.

Le deuxième pilier suggéré, je vous en ai déjà parlé. En plein dans le mille ! C’est le réseau. Son premier socle, celui par lequel la graine commence à germer, c’est l’extension au XVe siècle de l’usage de la boussole pour la navigation transocéanique. Découverte par les chinois, et sûrement transmise à l’Europe par l’intermédiaire des arabes, sans elle, les voyages comme celui de Christophe Colomb en 1492 auraient été beaucoup plus difficiles. La navigation transocéanique commence ainsi à créer un réseau international de ports interconnectés.

Une fois le processus de germination commencé, le pilier réseau s’est mis à pousser quand, en 1969, pour la première fois, deux ordinateurs ont été interconnectés en réseau16. Une fois interconnectés, la “Defense Advanced Research Projects Agency” a développé le protocole TCP/IP pour qu’ils puissent communiquer, donnant naissance au futur Internet. Cela s’est passé au début des années 70.

Et le troisième pilier ? Bien, alors nous avons déjà la conscience planétaire qui rétablit la relation perdue avec la Terre Mère, permettant aussi l’harmonisation des relations humaines. Nous avons le réseau, qui permet d’organiser cet ensemble de relations et d’échanges, de manière directe, y compris télépathique, où l’information est transmise sans avoir besoin de l’écrire. Et il nous manque un troisième pilier, quelque chose qui remplace l’argent pour garantir l’équilibre entre tous ces échanges et arrangements humains. La culture andine, tout comme beaucoup d’autres cultures traditionnelles de la planète, nous apporte une solution. Les incas ont été capables d’organiser une civilisation entière sous ce principe. En quechua, cela se nomme ayni, mot que nous pourrions traduire par ‘réciprocité’.

La graine de ce pilier a commencé à germer il y a maintenant cinq siècles, quand, grâce à la navigation transocéanique, les contacts entre cultures se sont multipliés. Cela a permis à ces cultures, qui utilisaient l’argent, d’entrer en communication avec d’autres qui, sans en utiliser, avaient pu mettre en place une civilisation (inca), une confédération (iroquois), ou une des nombreuses communautés tribales qu’il y a eu et qui ont vécu en harmonie avec l’environnement, entre eux et avec leurs voisins.

Et cette graine a commencé à pousser quand, vers la fin des années 60, est apparu le mouvement contre-culturel, alternatif et pacifiste appelé hippie. Avec lui, des systèmes d’échange sans but lucratif ont été inventés ou remis en place, comme le système d’échange local (LETS), ou les banques de temps, ou le troc, ou le “aujourd’hui pour toi, demain pour moi”.

Dans ces trois piliers se trouve le futur, et si nous les mettons en application avant, la transition sera plus douce et légère. Leur avantage, c’est qu’à la différence de la roue, de l’écriture et de l’argent, lesquels aboutissent à des systèmes centralisés et hiérarchisés, les nouveaux piliers prônent justement le contraire : des systèmes décentralisés, et qui sont en fait ceux qui vibrent en résonance avec le signe du Verseau. Le Verseau est, de tous, le seul signe du zodiaque qui nous montre un être humain, et son symbole, ce sont les ondes produites sur l’eau, pour représenter la naissance d’un nouveau paradigme basé sur la vibration.

Que l’argent centralise, c’est évident, si l’on considère qu’il favorise l’accumulation. Mais il centralise plus quand cette accumulation donne un pouvoir de vote proportionnel au capital détenu. Et plus encore quand le capital peut détenir un autre capital, pour former des holdings entreprenariales17. Comme avec la loi de la gravité, on arrive à un point où “l’attraction entre deux corps est directement proportionnelle au produit de leurs masses”, de sorte que plus on a d’argent, plus il est facile d’en acquérir.

Voyons par ailleurs, de quelle manière la roue centralise. Nous en avons un exemple dans la différence entre le courant alternatif (CA) et le courant continu (CC). Le courant alternatif (CA) se produit à partir de la rotation d’une turbine, c’est-à-dire une roue. C’est une énergie électrique que l’on ne peut pas stocker (dans des batteries) mais que l’on peut transformer, c’est-à-dire, en modifier le voltage. C’est pour ça que c’est le type de courant électrique que la production centralisée favorise, par l’utilisation de grandes centrales thermiques, nucléaires, hydroélectriques ou éoliques. L’électricité est alors transmise à haut voltage à des milliers de kilomètres de son centre de production, et réduite à plus bas voltage à mesure qu’elle est distribuée au consommateur final.

Le courant continu (CC), par contre, ne peut pas être transformé, ce qui rend difficile sa distribution à grande distance, mais il se stocke. Ce n’est pas de l’électricité générée à partir de la rotation d’une turbine, mais en exposant un panneau, appelé cellule photoélectrique, au rayonnement solaire. C’est ainsi que l’usage de cette électricité ne préconise pas la production centralisée, mais bien au contraire, que chacun ait ses propres panneaux solaires sur son toit et produise son électricité. Il encourage donc l’autosuffisance et la résilience, car l’acheminement d’électricité à grande distance augmente la vulnérabilité du système. Il encourage aussi que chacun soit pleinement conscient du coût environnemental provoqué par l’énergie qu’il consomme, puisque la production est sur notre toit, et pas dans une lointaine centrale qui pollue (thermique et nucléaire), ou qui a inondé des vallées fertiles, déplaçant les peuples qui y habitaient (hydroélectrique), ou qui engendre de la pollution électromagnétique (éolien).

Par ailleurs, la forme de centralisation de l’écriture s’appelle bureaucratie.

Que l’écriture perde de sa prépondérance ne signifie pas que l’on n’enregistre plus aucune information. Les incas n’avaient pas d’écriture, au sens littéral du mot, mais ils disposaient de plusieurs systèmes de registres. L’un d’entre eux est appelé les quipus, qui amassaient des données comme les nombres et les dates. Il se peut donc que les ordinateurs enregistrent des données, mais que ce ne soit pas des informations personnelles sur ce que nous pensons, désirons ou faisons, jusqu’à où nous allons et où nous vivons. Il faut qu’ils traitent et stockent des données techniques, pour ainsi améliorer le rendement et la durée de vie des produits ; des données logistiques, pour augmenter la fiabilité et l’efficacité des approvisionnements; et des données financières ou de leur équivalent non monétaire, pour gérer les transactions. Enregistrer ça et rien de plus, et que ces enregistrements soient d’accès public, qu’ils ne fassent référence à personne, et qu’ils soient gérés de manière décentralisée.

C’est donc mon voeu pour le nouvel an. On dit qu’il y a deux types de personnes, celles qui rêvent et celles qui sont rêvées. Lorsqu’un nombre suffisant d’entre nous cessera d’être rêvé, pour se rendre compte que tout n’est que rêve, et que nous pouvons le changer, alors nous réussirons à planer dans le plaisir collectif de construire un monde meilleur, un nouveau soleil, une Ere dorée et un rêve plus agréable.

Je vous embrasse,

1er Janvier 2012

2012, Marc Torra (Urus) pour www.mastay.info

Traduit par : Fabien Fagot

Notes :

  1. Selon la soigneuse aborigène Minmia. Source : Minmia (Maureen Smith). “Under the Quandong Tree” Quandong Dreaming Publishing. 2007. pp. 26 et 160
  2. Selon le nagual toltèque Don Miguel Ruiz. Source : Mary Carrol Nelson. “Beyon Fear, a Toltec Guide to Freedom and Joy―the teachings of Miguel Angel Ruiz” Council Oaks Books, 1997. p 30.
  3. Selon Don Benito Qoriwaman, kuraq akulleq de la lignée Waskar et Andrés Espinosa, maître Q’ero. Source : Joan Parisi Wilcox “Keepers of the Ancient Knowledge” Véga 2001. p 54-55
  4. Idem. note 1, p 26-27
  5. Source sur la prophétie du Mastay: Brad Berg “Prophecies of the Q’ero Incan Shamans” Share International Magazine, Janvier/Février, 1997. Pour Taripay Pacha, voir note 3.
  6. Selon Malati J. Shendge, dans son article “The inscribed calculi and the invention of writing: the Indus view” Journal of the Economic and Social History of the Orient, Vol. 28, No. 1 (1985), pp. 50-80: il est très probable que l’écriture soit née dans les vallées de l’Indus, plutôt qu’en Mésopotamie.
  7. White, Lynn Jr. (1966). Medieval Technology and Social Change. New York: Oxford Univ. Press. pp. 126–127. ISBN 0195002660.
  8. Parité de change entre Or et Dollar
  9. Une économie en croissance a besoin de plus d’argent, car si la quantité d’argent reste constante, il y a déflation (décroissance des prix). Avec la parité or, plus d’argent implique la nécessité pour la Banque Centrale d’avoir plus d’or pour l’endosser.
  10. Le 16 juillet 1969, pendant la mission Apollo 11.
  11. La logique est la suivante : nous partons d’une économie avec deux unités d’argent et deux biens à acheter, où chaque bien coûte une unité. Si tout d’un coup la quantité d’argent augmente et double, et que le nombre de biens disponibles, lui, se réduit de moitié, combien coûtera ce bien unique ? SOLUTION: Quatre unités d’argent.
  12. Remarquons que c’est le problème inverse qu’il y a eu sous l’étalon or, pendant lequel il n’y avait pas suffisamment d’or pour endosser la croissance de l’économie, engendrant de la déflation. Maintenant, nous en sommes à ce qu’il n’y a pas de production suffisante pour endosser l’augmentation de la dette, ce qui finira par engendrer de la stagflation (stagnation + inflation) et ensuite de l’hyperinflation (augmentation extrême du niveau des prix). De l’émission excessive de monnaie jusqu’à la transformation en hyperinflation, alors que le système s’essoufle, il s’écoule en général autour de cinq ans.
  13. La division d’un terme par son précédent, ou vice versa, tend vers Phi. Phi vaut (1±√5):2 ce qui donne 0,6180339… et 1,6180339… Ainsi, 21/34 est proche du premier nombre, tandis que 34/21 est proche du second. Et si l’on pouvait continue la série jusqu’à l’infini, le dernier quotient donnerait exactement Phi.
  14. En particulier Benjamin Franklin a écrit, »Il serait surprenant que Six Nations de sauvages ignorants puissent avoir implanté une Union qui a survécu à la rigueur du temps, jusqu’au point de paraître indissoluble, et que cette Union ne puisse pas venir à bout de dix ou douze colonies Anglaises (Benjamin Franklin à James Parker, 1751)”.
  15. Image du domaine public, par la NASA.
  16. C’était ce qu’on a appelé ARPANET.
  17. Dans une étude réalisée par Stefania Vitali, James B. Glattfelder, et Stefano Battiston, intitulée “The network of capital control” (le réseau de contrôle du capital) les auteurs ont enquêté sur la structure propriétaire de 40 000 sociétés internationales, en recoupant les informations disponibles dans la base de données Orbis, dans son édition de 2007, qui contient 30 millions d’entreprises. Leur conclusion a été que cinq d’entre elles contrôlaient directement ou indirectement 13% du réseau, et que les 50 premières en contrôlaient quasiment 40%.
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Marc Torra
Marc_amb_dues_papallones

Originaire d'Urus, un petit village des Pyrénées-Catalanes, et après s'être licencié à l'Université de Barcelone, Marc est parti vivre à l'étranger. Depuis lors, il a vécu et travaillé dans presque tous les continents. Au fil du temps passé dans ces différents pays, il commença a relier entre elles les différentes cultures et façons de penser qu'il y a rencontré, en particulier celles de ceux que l'on appelle les “gens de terre”. A leurs côtés, il apprit une façon différente de raisonner et découvrit aussi que le futur de la planète dépend de notre habilité à apprendre de ces cultures ce qu'elles peuvent nous apporter.