Share on Pinterest
Le regard Indigène sur le monde
30 décembre, 2016
Les prophéties de nouveaux Inti
30 décembre, 2016
Tout montrer

Corazonando

Share on Pinterest
More share buttons

Qu’est-ce que « corazonar » ?

Quand nous communiquons avec le cœur et que nous le sentons battre la vérité, les mots deviennent ce que nous appelons dans notre cercle « corazonar ». [Corazonar est un mot formé à partir du mot espagnol « corazon » qui signifie « cœur ». C’est un verbe qui signifie «sentir avec le cœur ».] Il s’agit d’une compréhension du cœur plus que d’un raisonnement intellectuel. Avec le Corazonar, il nous semble qu’une intelligence supérieure nous guide avec amour et que les choses vont arriver, tout simplement. Par exemple, il y a seulement quelques semaines, en entrant dans mon cœur, j’ai demandé la confirmation de certaines connaissances de guérison des Andes, et dans un acte de réciprocité et de sincérité, je suis tombée sur ton livre sur les Kuyas sur Internet. Avec le peu que je sais de ton livre, je me suis connectée à cette connaissance et j’ai eu la confirmation de mes propres expériences en tant que guide accompagnant les frères et sœurs de mon cercle. Un grand merci, yupaichani Amauta. Je suppose que tu as un nom spirituel en tant que voyageur sur la voie de la sagesse.

Oui, mon nom est Urus, le nom du petit village des Pyrénées d’où je viens. Mais dis-nous, quelles sont tes propres origines ?

Je guide et éveille des hommes et des femmes quilago (jaguar). On m’appelle Mama Margarita. Je représente une génération, la treizième Femme Jaguar porteuse de l’autorité des Quilagos. Ceci est un héritage féminin d’une sagesse qui est restée endormie dans la zone Cochasquí. Je me présente humblement à toi. Nous sommes un groupe permanent qui existe depuis plusieurs années, marchant ensemble dans ce kay pacha (monde intermédiaire), dans l’ici et maintenant. Nous nous réunissons une fois par semaine pour partager des raymis ou cérémonies, le savoir ancestral sacré, la guérison des Andes, et des pèlerinages au cœur des montagnes sacrées de notre pays, l’Équateur. Nous avons tissé l’éveil et l’ascension de la sagesse de nos peuples, avec l’aide des anciens, de montagne en montagne, les taitas y mamas, les pères et mères Urkus.

J’ai une grande responsabilité en tant que transmetteur de la sagesse de mes ancêtres et parfois, j’ai besoin de rencontrer des personnes avec qui j’ai des affinités. Même si j’ai un cercle fort, aimant et passionné, il est fort agréable d’échanger avec des chercheurs et voyageurs comme toi, venant d’autres lieux qui permettent de continuer à grandir avec la Pachamama (Terre-Mère).

Penses-tu que nous pouvons guérir la planète ?

Oui, bien sûr, nous le pouvons ! Une fois, je suis allée en pèlerinage à Pumapungo, la porte du puma, où est né l’Inca Huayna Qhapac. J’ai passé beaucoup de temps dans l’Akllahuasi, la maison des Vierges du Soleil. Je repense encore à ce voyage et à ce que j’y ai ressenti.

À mon arrivée, j’ai enlevé mes chaussures pour me connecter à la Pachamama par le biais des ñawis, chakras situés au niveau des pieds. Tandis que je marchais, des souvenirs m’envahirent. À travers mes pieds, je pouvais percevoir des sensations agréables, et alors que je profitais de ces sensations, une voix terriblement triste m’appela. C’était comme des pleurs. Je regardai autour de moi et vis un figuier à l’agonie. Il s’agissait d’un vieil arbre qui se mourrait de maladie et d’indifférence. L’Esprit Figuier gémissait de douleur causée par ses feuilles malades et brûlées, et par ses fruits abîmés. Je voulais pleurer avec lui. J’ai demandé pardon pour l’indifférence des êtres humains et j’ai embrassé le tronc avec tendresse et compassion.

Tandis que je l’embrassais, je l’enveloppai d’une lumière d’amour, la lumière la plus forte que je pouvais irradier. Ce fut alors que la Mama Tamia, la pluie, est apparue, comme si elle aussi voulait se joindre à nous dans nos souffrances. Quand la Mère-Eau a commencé à tomber, je demandai la purification de l’Esprit de l’Arbre ou, si son heure était venue, qu’il lui soit accordé une mort compatissante. Ce faisant, je lui ai répété combien je l’aimais et combien j’étais reconnaissante d’avoir eu la chance d’être à ses côtés, car il avait aidé de nombreuses femmes.

Il s’agissait d’un Ancien Guérisseur qui, avec le temps, avait été ignoré et maltraité jusqu’à ce que la tristesse le rende malade. Je lui rappelai que s’il avait planté ses racines près de l’Akllahuasi, la Maison des Vierges, c’était pour prendre soin de ces femmes. Je pouvais même sentir combien de femmes avaient été guéries par ses feuilles. Puis j’ai perçu qu’il se sentait consolé et soulagé. Je continuais à répéter que je l’aimais jusqu’à ce que je perçoive une sensation de calme. Et c’est uniquement après avoir senti son apaisement que je lui dis au revoir. Et tandis que je m’éloignais, je demandai à la Pachamama de reprendre en son sein l’Esprit du figuier et, que si tel était son destin, qu’il puisse renaître en une femme sage, valorisée et aimée. Nous sommes restés en paix pendant un moment. Maintenant, je suis en paix.

Grâce à cette expérience, je me souvins que les fraternités et sororités peuvent être restaurés. Nous, êtres humains, pouvons guérir nos frères et sœurs plantes, arbres et animaux. De la même manière qu’ils nous accompagnent, ils se nourrissent, ils guérissent et grandissent avec nous. Nous sommes tous responsables. Leur bien-être est aussi le nôtre. Leur maladie est aussi la nôtre. Que ces anciens accords soient renouvelés et que ses promesses se réalisent !! Nous avons pour but commun de vivre et toute vie est sacrée. La réciprocité est ayni, ce qui signifie vivre ensemble dans l’équilibre. Ayni signifie également être aimant et conscient. Je vous remercie, yupaichani, Esprit du Figuier, de me rappeler la signification d’ayni !

Mais nous ne sommes pas tous capables d’écouter ?

Oui, c’est vrai, mashi (frère, compagnon) Urus. De nombreux Pères et Mères ont cessé d’écouter… et les Apus et les Ñustas (au Pérou, les esprits masculins et féminins de la montagne) sont comme endormis. De nos jours, seuls les chamans les invoquent. Rares sont ceux qui écoutent leur sagesse, car la plupart d’entre nous ont oublié comment apprendre. Si on ne s’adresse pas aux esprits des montagnes avec un cœur ouvert, ils cessent de parler. Le savais-tu ? Ils dorment, ils sont immobiles. Aujourd’hui, seules quelques personnes sont connectées à leur sagesse millénaire. C’est triste.

Nos Aïeuls, les montagnes, les pierres et les routes sont les témoins vivants de nombreuses histoires, car ils ont vu des cycles entiers… et les êtres humains ne font que passer, mais sans garder de lien. Ceux qui voyagent sur de tels chemins ne cherchent plus à faire partie de leur famille, puisque la plupart des êtres humains sont absorbés par l’illusion de leurs aspirations sans pouvoir les trouver, et ils ne comprennent pas. Ce ne sont que des âmes passagères, sans aucun sentiment d’appartenance, sans aucun sentiment de faire partie de la Pachamama (Terre-Mère).

Mais lorsque le voyageur pénètre avec humilité, amour et respect dans la maison des Apus, et qu’il voit ses vieilles pierres… wow… c’est un concert musical ; c’est une chanson qui danse ; c’est une maison de sagesse qui n’est jamais réduite au silence ; c’est une mémoire vivante et limpide… et tu peux sentir la vérité dans ton cœur. Telle est l’essence de corazonar.

Mon mashi, les Apus et les Ñustas peuvent nous élever, mais pour cela nous devons comprendre que nous sommes aussi leurs enfants. Ils peuvent nous protéger et nous guider pour que nous puissions devenir libres sans la cruauté de la «civilisation». Voilà pourquoi nous marchons pieds nus, et nos pieds gardent la mémoire. Ce sont des ñawis importants (chakras ou centres d’énergie du corps subtil, en quechua, chakras signifie littéralement «yeux»).

Pourrais-tu nous parler des ñawis situés au niveau des pieds ?

Mmmm. Pense aux fois où notre mère caressait nos petits pieds de nouveau-nés, ou aux premiers pas que nous avons faits quand nous avons commencé à marcher, ou à la première danse, au premier voyage, et bien plus encore ; toutes ces expériences ont été gravées dans la Pachamama et elle s’en souvient. La mémoire des ñawis des pieds est si grande !… Si notre pied gauche nous fait mal, il s’agit de notre mère, de notre sœur, ou d’une femme… Quand c’est le droit qui nous fait mal, il s’agit de notre père, de notre frère, ou d’un homme… Il y a tellement de mémoire à guérir et à éveiller !

C’est grâce aux ñawis des pieds que nous, Andins, aimons danser et faire la fête. Et évidemment, nous aimons célébrer tous les Raymis (festivités) avec de la danse et de la musique. Nous célébrons les souvenirs, la gratitude… Chaque Raymi nous rappelle une période qui se termine et une autre à venir, et nous le célébrons.

Quand tu danses en tapant des pieds, quand tes pieds, libres et nus, frappent le sol, accompagnés par les chants, la Pachamama est joyeuse. Elle sent que tu es heureux et vivant et cela la remplit de joie. Quand je danse sur de la musique andine avec mon cercle, nous saluons toujours la Pachamama en disant : juyayay … juyayay! Nous sommes ici ! Nous sommes tes enfants, vivants, joyeux et reconnaissants ! Et elle aussi fait la fête ; elle nous accueille et nous protège, puis nous dit au revoir en offrant des cadeaux. La Pachamama est généreuse et joyeuse.

Les ñawis des pieds guérissent et équilibrent le féminin et le masculin, huarmi et jari. C’est pour cela que nous nous faisons des massages aux parfums agréables, avec des feuilles fraîches, de la terre humide, des cristaux, et des petites pierres. Puis nous disons : pai ou yupaychani, merci, merci de me garder près de la Pachamama et de me rappeler que je dois marcher en équilibre avec la vie ; merci de me montrer que je peux être ici aujourd’hui et demain là-bas. Merci à mes pieds, car ils gardent en eux la mémoire de mon corps, celle de mes ancêtres et celle qui me permet de fouler les chemins qu’ils ont empruntés. Merci à mes pieds, car leurs yeux voient les racines de mon peuple, pour que je n’oublie pas ma culture sacrée. Merci à mes pieds, car à travers leurs yeux (ñawis) quand je les ferme et que je me repose, je peux retrouver la vision des chemins parcourus dans d’autres vies. Oui, mashi, pour nous, nos pieds sont aussi des ñawis. Dans l’hindouisme, ils ne sont pas considérés comme des chakras principaux, mais pour les Andins, ils sont très importants.

Combien de ñawis principaux avons-nous ?

Treize.

Chakras Andins

Un professeur andin m’a dit une fois que les yeux physiques étaient également considérés comme des ñawis.

Peut-être dans sa tradition, mais pour autant que je sache, les yeux physiques sont quelque chose de distinct. Observe tes pieds ; regarde-les. Si tu bouges ton pied droit, le pied gauche ne bouge pas nécessairement, à moins que tu le veuilles. C’est pareil avec les mains ; si une main prend un objet, l’autre main peut rester immobile ou se tenir différemment. Autrement dit, aussi bien les pieds que les mains sont des ñawis indépendants et correspondent à un côté féminin ou masculin, non ? Voilà pourquoi les ñawis sont considérés de façon individuelle, ce qui n’empêche pas qu’en paire ils forment une unité.

C’est logique.

Maintenant, déplace tes yeux de gauche à droite ou vers le haut. Tu sens comment ils se déplacent ensemble, ils ne sont pas indépendants, mais ils se suivent. Tu le sens ? Tu le vois ? Les yeux ne sont pas deux ñawis, mais un seul, ils sont inséparables. Nous les considérons comme un centre énergétique unique avec le ñawi du troisième œil.

Les Andins ont les sept centres d’énergie comme en Orient, plus un huitième appelé ñawi de lumière, qui nous relie à l’Hanan Pacha (le Monde Supérieur). Ceci est l’Inti ñawi, l’œil de lumière, un ñawi solaire situé juste au-dessus du ñawi de la couronne (appelé Sahasrara en tantrisme). Ce huitième ñawi nous relie au Soleil Central de la Galaxie, au Cosmos, aux Étoiles, et tout ce qui constitue le monde du dessus. Si tu ajoutes les deux situés dans les mains, ça fait 9 et 10, plus les deux des pieds, qui sont les 11e et 12e, ça fait 12 ñawis.

Et quel est le 13e ñawi?

Mashi, c’est très important de connaître le treizième. Il s’agit du ñawi caché, le ñawi lunaire. C’est un œil très sensible qui possède une grande quantité d’énergie. Il est très souvent lié à la mémoire ancestrale et à la guérison. Souviens-toi que le 13 est notre numéro sacré.

Il est possible que cette connaissance sacrée ne corresponde pas à celle des autres traditions andines ou à la tienne, mais c’est ma propre vérité et je souhaite seulement la partager avec ceux qui veulent bien l’écouter. Toute autre vérité est bonne à prendre si elle te permet de bien vivre. Toute connaissance est bénéfique si tu restes honnête avec toi-même. C’est à chacun de décider dans son cœur, aussi longtemps que l’harmonie et le respect sont maintenus. L’hindouisme est magnifique et très avancé dans la connaissance des chakras. Nous ne sommes que des parfums, des formes et des couleurs dans leur plus grande diversité. La connaissance andine a aussi ses spécificités.

Pourrais-tu nous en dire un peu plus concernant le treizième ñawi ?

La plupart des gens se contentent de savoir qu’il y a 13 ñawis, c’est pourquoi on donne ce savoir uniquement au voyageur qui le demande et qui est vraiment dans une recherche de la Vérité.

À la base du crâne, il y a un petit trou, une entaille. Je t’invite à toucher ce point. Je crois que les médecins l’appellent «pendule encéphalique». Il est situé juste sous le cervelet. Une « Abuela » nous a transmis cette connaissance sur ce point connu sous le nom de « la ollita » (le petit pot). Nous, les Andins, nous appelons ce point le ñawi lunaire. Sa couleur est argentée, comme Mama Killa ou Mère Lune.

13e ñawi

Si tu relies ce ñawi lunaire ou killa ñawi avec d’autres points énergétiques comme le ñawi de la gorge (le 5e chakra, appelé Vishudda en tantrisme), le ñawi des trois yeux (le chakra situé au niveau du front et appelé Agna en tantrisme, et les deux yeux physiques), jusqu’au ñawi de la couronne (7e chakra appelé Sahasrara en tantrisme), tu peux former un triangle sacré au niveau du corps énergétique. Ce triangle supérieur correspond à 1 + 3 = 4. Le numéro 4 apporte l’équilibre nécessaire pour atteindre l’Hanan Pacha, le Monde Supérieur. Voilà pourquoi le 13e ñawi représente le pouvoir de rééquilibrer à travers la Lune et le féminin pour éveiller les sens des trois autres ñawis, qui sont les suivants :

  1. le pouvoir de la parole et du chant du 5e ñawi,
  2. la vision du «troisième œil» et la capacité d’observer à travers les yeux physiques ainsi que la capacité de bien penser (alli yachay), ce qui correspond au 6e ñawi ; et enfin,
  3. l’union avec l’Ayllu cosmique (la Communauté), notre héritage stellaire qui correspond au 7e ñawi.

C’est un portail dimensionnel qui réunit le ciel et la terre. Voilà pourquoi, mashi, le 13e ñawi est sacré, car il représente le mystère du divin féminin, recherchant l’union avec le 8e ñawi, le solaire et le masculin, qui nous mène vers une expansion de Conscience. Cette union sacrée permet au Condor Sacré de voler très haut en liberté. Ce pèlerinage a commencé dans l’Uku Pacha (le monde souterrain) guidé par Amaru, le serpent du 1er ñawi (kundalini shakti résidant dans le chakra Muladhara, en tantrisme). Dans cette ascension, nous cherchons à devenir la lumière éternelle et la Pacha Cósmica (l’Univers). Nous devenons Kuntur ou Condors, car nous pouvons accéder à des dimensions supérieures, mais sans quitter le corps physique… Incroyable, non ? Voilà pourquoi les Amautas Astrónomos d’Abya Yala (les Sages de l’Amérique du Sud) étaient sages, mais ils avaient aussi le pouvoir de voler, de s’élever. Ce pouvoir leur a donné la possibilité de faire des calendriers agricoles liés aux saisons ou de suivre les mouvements stellaires et planétaires, et ainsi devenir des navigateurs stellaires, des visionnaires. C’est ainsi que naquirent les prophéties. Celles-ci permettent de voir les cycles des Pachas (espace-temps) dans l’Allpa Mama (nom pour la Terre-Mère en Équateur).

Mais ce n’est pas tout. Le ñawi lunaire garde, dans sa forme naturelle, l’Arbre de Vie, dans lequel réside la mémoire de l’humanité et ses périodes d’évolution. Imagine ! Toute une bibliothèque de l’humanité dans ton propre corps. Par conséquent, si nous activons ce centre énergétique, nous nous connectons à la mémoire de nos Ancêtres, à nos origines. Alors, nous pouvons même guérir les traumatismes familiaux. Donc on peut considérer le 13e ñawi comme magique et sacré.

Est-ce que tu connais d’autres traditions qui parlent aussi de ce mêmenawi?

Je ne suis pas sûre, mais si je fais correspondre le corps énergétique andin sur l’arbre de la Kabbale hébraïque, le dernier ñawi correspondrait à la Séphira Daath, l’énergie cachée.

Pourrais-tu nous parler de tes pèlerinages dans les Urcus ou Apus (nom donné aux montagnes considérées comme divinités) ?

Lors d’un pèlerinage, on se rend compte que, tout comme dans la vie, il y a des chemins qui sont inévitables. D’autres doivent être empruntés plus lentement, en avançant petit à petit. Et d’autres encore nous présentent des défis que l’on doit dépasser. Certains Urcus te permettent de marcher rapidement, comme s’ils te connaissaient déjà. Ils sont sages et se souviennent de toi grâce à tes pieds et ta danse, ton chant, ou ton nom. Voilà pourquoi, quand on gravit une montagne, un volcan, ou un pic enneigé, on se présente en disant son nom. De cette façon, le Guamani des lieux (le gardien de l’esprit) ne t’oubliera jamais et prendra soin de toi. Il y a des montagnes qui sont méfiantes. On doit les aborder avec confiance et sincérité. Après, elles peuvent offrir leurs secrets et leur sagesse. Il faut faire une offrande pour exprimer sa reconnaissance et son respect.

Il y a des légendes ?

Beaucoup. Par exemple, dans la montagne Ilalo, il y a le mythe de Rumiñahui, un guerrier fidèle à Atawalpa (le 13e empereur inca), qui cachât le trésor de son empereur au cœur des montagnes avec deux chiens pour le garder. Un ancien de la communauté nous a dit qu’il existe une porte d’où l’on ne revient pas, une porte qui ouvre vers d’autres mondes. Une fois par an, cette porte s’ouvre et seules certaines personnes entrent ou sortent de cet endroit. Ils sont craints et très respectés.

Que dirais-tu à ceux d’entre nous qui ont l’impression de venir des Andes, mais ne sont pas nés là-bas ?

Ne soyez pas tristes de ne pas être nés à Abya Yala (Amérique du Sud). Il était nécessaire que les vieilles âmes renaissent en Europe, en Asie et en Amérique du Nord. Quand Taita Atawalpa est mort, il a fait une prophétie dans l’Incarri (légende inca) : des milliers et des milliers d’entre nous reviendront. Tu te souviens ? La philosophie et la spiritualité de la vision cosmique ancestrale ont été dispersées aux quatre suyus (régions) pour qu’elles renaissent des quatre directions. Les Amautas et les Yachags (les sages) sont revenus en naissant dans différents pays pour assurer une continuité dans la sagesse. Vous devez être de bons semeurs parmi vos semblables, car votre métissage est important pour être entendu par votre peuple.

Est-ce que je peux avoir l’autorisation de publier tes réponses sur mastay.info ?

Ce message est long, mashi Urus. Je partage avec toi ce que je sais et j’espère que ce sera comme une graine. Mashi, je t’offre mes simples messages, comme des fleurs de printemps, et si, dans ton âme, tu souhaites les diffuser, c’est très bien. Partage-les comme une pluie rafraichissante et bénéfique aux voyageurs du monde. Je te remercie d’avoir pensé à moi pour tes nobles projets.

Jusqu’à présent, Mastay.info a publié les écrits de cinq hommes, deux d’entre eux sont Andins, deux sont Mésoaméricains et moi-même, qui suis fils des Pyrénées. Mais il fallait aussi transmettre la sagesse des Ñustas, de cette autre moitié féminine dont nous faisons partie. Mama Margarita est venue pour transmettre sa sagesse. Elle est venue nous apprendre à « corazonar ». Elle dit qu’elle me remercie d’avoir pensé à elle et, à mon tour, je souhaite lui dire : «Non Mama Margarita, celui qui est reconnaissant, c’est moi. Je me présente humblement devant toi pour t’écouter et APPRENDRE ».

Traduit par : Véronique Bonnefoy

Share on Pinterest
More share buttons

Vous pouvez également lire cet article en Espagnol Anglais

Mama Margarita
Daisy Garcia

Mama Margarita in English.

Les commentaires sont désactivés.